À l’état civil, il s’appelle Yann Katou. Il a grandi au Toit Rouge, à Yopougon, et c’est un lien familial qui l’a mené au rap : Melo Blaaz, son grand cousin — également grand frère d’Ozaki — lui en transmet les bases avant que BLITZA ne trace sa propre route.
Son entrée dans la DMV ivoirienne se fait en 2022, via le groupe WhatsApp LE COMPLOT et une session studio de 20 heures pensée pour expérimenter ce flow venu des États-Unis, aux côtés d’Ozaki, Famous Freaky, MAV et Drico, encadrés par les beatmakers 18H, Yannosky et Shida. De cette session naît « TIMITE BASSORY », puis, après l’intérêt de Daayvx, le titre fondateur « 225 DMV ». Le collectif LOE se structure autour d’un objectif assumé : implanter la DMV et le son Detroit dans l’industrie du rap ivoirien, en argot local.
L’écriture de BLITZA joue sur un contraste volontaire entre nouchi contemporain, nouchi de l’ancienne génération et langage soutenu — une manière de rendre la satire sociale accessible à toutes les tranches d’âge. Son titre le plus écouté, « GBAI DRA » (avec OG Mahilet), en est l’illustration directe. Son projet En Vieillesse reprend une expression qui traverse ses morceaux et qu’il associe à une maturité d’écriture reconnue par son public.
En 2023, une collaboration avec Himra sur « Y’a pas drap » scelle un rapprochement entre les collectifs LOE et 1X. BLITZA décrit un rapport au Hip-Hop circonscrit par son environnement — Abidjan, dit-il, offre peu des espaces dédiés qui structurent la culture ailleurs dans le monde — qu’il vit avant tout par la pratique.
Discographie
INSCRIPTION CULTURELLE
Son inscription passe par la pratique et la filiation plutôt que par un discours identitaire — lignée directe via Melo Blaaz (grand frère d’Ozaki), apprentissage des bases, intégration au groupe LE COMPLOT puis à la session fondatrice de la DMV ivoirienne. Son refus de se revendiquer « Hip-Hop » au sens large n’est pas un désaveu mais un constat de contexte : à Abidjan, contrairement à New York, Paris ou Montréal, il n’existe pas d’écosystème dédié (lieux, concerts réguliers, scènes graff/breakdance) qui permette de vivre la culture dans sa totalité — il la vit par la discipline qu’il pratique, pas par un mouvement auquel il aurait accès dans son entièreté. C’est un lien sincère, simplement circonscrit par son environnement réel.
COHÉRENCE ARTISTIQUE
Ligne stylistique stable depuis la session DMV de 2022 (sonorités Detroit, argot ivoirien), avec un fil rouge assumé — l’expression « en vieillesse » revient dans plusieurs morceaux et structure son positionnement (maturité du texte). Sa trajectoire est linéaire et revendiquée comme un choix délibéré plutôt qu’un suivisme de tendance.
EFFORT D’EXPRESSION
Démarche d’écriture réfléchie et singulière — contraste volontaire entre nouchi contemporain, nouchi « gnaman gnaman » et langage soutenu, utilisé comme outil de satire sociale accessible à toutes les générations. Le processus reste toutefois davantage instinctif qu’écrit (peu d’écriture formelle, textes enregistrés à l’impulsion), ce qui nuance sans annuler la personnalité de sa plume.
CONTRIBUTION CULTURELLE
Justification : Membre fondateur d’un mouvement collectif (LOE) qui s’est donné pour mission explicite d’implanter la DMV dans l’industrie du rap ivoirien en argot local — objectif que le collectif revendique avoir atteint. Sa contribution est réelle mais collective : elle se lit à l’échelle de la scène 225 DMV plus qu’à travers un geste individuel isolé.
AUTHENTICITÉ DU POSITIONNEMENT
Justification : C’est le critère où il est le plus fort, précisément à cause de ce qui aurait pu sembler fragiliser le critère 1 — il refuse de s’inventer un rapport au Hip-Hop qu’il n’a pas vécu dans son environnement, et décrit sa pratique collective (LOE, sessions sans pression, choix des prods en groupe) sans posture ni grandiloquence. Aucune contradiction entre son discours et ses actes.


