Drino est un rappeur ivoirien originaire d’Angré 8ème Tranche, territoire d’Abidjan qui a vu naître Widgunz, Saint Truand et Samo Samo avant lui. Formé à la culture du freestyle chaque jeudi et vendredi au lycée Blaise Pascal aux côtés de HighMan, il construit son rapport au rap dans l’obsession de la punchline — celle qui reste, celle qui choque, celle qui marque. Biberonné à Cash Money et à Lil Wayne dès l’enfance, puis façonné par Booba et la rigueur du rap français, il intègre ces influences dans un univers propre : mélancolique, froid, instinctif.
En 2023, il abandonne définitivement l’école pour faire du rap son unique métier. À ce moment, le Drapeau Noir — collectif, label, philosophie — est déjà une structure solide qu’il co-dirige avec son manager de toujours, rencontré en troisième en 2014, et un graphiste fidèle. La règle est simple et inflexible : personne ne touche à l’ADN. Une tentative de partenariat capitalistique a failli les faire dévier — elle a finalement confirmé la trajectoire indépendante.
Son album Mauvaise École est l’expression la plus aboutie de cette éthique : textes non réécrits, première version toujours conservée, confiance absolue dans l’instinct de première prise. « Ce qui vient là, c’est ça qui est bon. » Drino se positionne aujourd’hui comme un défenseur des codes du rap ivoirien, convaincu que la légitimité ne se délègue pas à ceux qui n’ont pas fait leurs classes. Il n’a pas encore la notoriété de ses contemporains, mais sa trajectoire, sa constance et sa lucidité sur la scène en font l’une des figures les plus solides de l’underground rap abidjanais.


