Caterina Akissi Amenan Mafrici, connue sous le blaze KT Gorique, naît le 24 juillet 1991 à Abidjan, d’une mère baoulé de Bouaké et d’un père italien d’origine calabraise, décédé lorsqu’elle a cinq ans. Elle passe son enfance en Côte d’Ivoire, où elle commence la danse dès l’âge de quatre ans et pose ses premières rimes à l’école primaire. En 2002, sur fond de crise politico-militaire, sa famille émigre en Suisse, dans le canton du Valais, à Martigny.
C’est dans ce nouvel environnement qu’elle découvre le rap américain — Notorious B.I.G., Wu-Tang Clan, les Fugees — et développe une technique de freestyle redoutable. En 2012, à 21 ans, elle remporte le championnat du monde End of the Weak à New York : première femme, première Suissesse, plus jeune lauréate de l’histoire du concours. Son blaze, elle l’a construit dans ses improvisations : elle terminait chaque freestyle par « C’est KT, catégorique ».
Sa discographie couvre dix ans de prises de position : Tentative de survie (2016), la mixtape ORA (2017), l’EP Kunta Kita (2018), puis Akwaba (2020) — album-retour à Abidjan, titre baoulé pour « bienvenue » —, New Babylon (2022), Akissi (2023) et l’EP Radio Pirate (2025). Elle qualifie son style de future roots : une fusion de rap, reggae, percussions africaines et trap, traversée par des textes engagés sur le colorisme, le déracinement et la condition des femmes africaines en Occident. Récompensée par le Prix suisse de musique en 2019 et le prix romand aux Swiss Music Awards en 2023, elle construit depuis plusieurs années des passerelles actives avec la scène ivoirienne — collaborations avec Suspect 95 et Lil Black, concerts à Abidjan, triple nomination au Hip Hop Ivoire Trophy 2023.
Discographie
INSCRIPTION CULTURELLE :
Les réponses confirment et approfondissent l’ancrage. Nash comme première référence rap vue à la télévision à Abidjan, avant l’exil et avant les américaines, est un fait biographique fort. Elle cite Himra, Lesky, Wantché, Ameka Zrai comme écoutes actuelles — elle suit
la scène ivoirienne en temps réel, pas de façon nostalgique. Le lien est vécu, pas reconstruit.
COHÉRENCE ARTISTIQUE :
Elle explique sa démarche « future roots » de façon organique : pas d’équation, pas de formule, le cœur décide. La cohérence vient de l’intérieur, pas d’un positionnement marketing. Le retour au rap brut sur COEUR BLANC s’inscrit dans une logique d’évolution assumée et non d’adaptation aux tendances.
EFFORT D’EXPRESSION :
COEUR BLANC aborde des territoires inexplorés dans sa discographie — l’impact psychologique post-Netflix, la solitude, la désillusion, la célébrité. Elle nomme ça « presque thérapeutique ». C’est une prise de risque réelle, pas un calcul. L’écriture reste au service
d’une nécessité personnelle identifiable.
CONTRIBUTION CULTURELLE :
Le voyage de création à Abidjan en 2021 (Mr Behi, Panthxr Stuff, Lil Black), les concerts avec Nash au Festival 5 Continents et aux Eurockéennes, les featurings avec Kadja et Shotto Guapo — la contribution est active et financée sur fonds propres, en totale indépendance. Ce n’est plus seulement une contribution symbolique.
AUTHENTICITÉ :
Zéro contradiction entre discours et actes sur l’ensemble des réponses. Elle documente ses passerelles concrètement (noms, dates, structures). Sa formule finale — « ne jamais fléchir devant Babylon system » — est cohérente avec dix ans de trajectoire artistique sans compromis visible sur le fond.


