THE PIWEST, pour « le pirate de l’Ouest ». Le nom vient d’une ligne de son premier titre, « ON DÉVELOPPE », et il résume un parcours : celui d’un rappeur qui a grandi à Kôkô, quartier de Man, où il dit avoir « perdu [sa] peur ».
La musique, il l’a reçue en héritage. Son père, Dany Kwélé, qu’il présente comme membre d’Aboutou Roots, appartient à la famille du youssoumba. Le rap arrive plus tard, d’abord par des cousins qui montent un groupe, puis avec Winner Boys, formé au lycée moderne de Man. Il est alors le seul des six membres à ne pas rapper. En 2016, il s’installe à Abidjan. Le déclic vient fin 2021 : il reprend un titre de Brasco dans sa chambre quand sa mère lui demande pourquoi il ne chante pas pour lui-même.
Il commence à écrire en 2022. Pendant trois ans, il construit son univers et sa communauté, BLACK NAVAR, le « bateau noir », avant de sortir « ON DÉVELOPPE » le 22 janvier 2025. Il enchaîne les singles, produits par Mr Champy On the Beat puis par Young Genius, qu’il finance seul et distribue via DistroKid.
Sa proposition la plus singulière arrive en février 2026 avec « YOUSSOUMBA DRILL 1 ». Avec l’accord de son père, il y sample « La Blessure », titre qui ouvre l’album Côte d’Ivoire la blessure d’Aboutou Roots. Selon lui, le morceau a été bouclé dans un taxi : Young Genius terminait le beat à l’arrière, lui son texte à l’avant.
Sa devise tient en trois mots : « NO SLEEP RUE ». Il annonce le clip de « DÉGAINE », le single « PUNITION 2 », puis un premier EP en 2027.
Discographie
INSCRIPTION CULTURELLE
Son parcours dans le Hip-Hop est réel. Il y a eu le groupe de ses cousins, Winner Boys au lycée moderne de Man, les freestyles écrits dès 2022, puis la construction de son univers avant sa première sortie. Mais sa culture Hip-Hop reste mince. Il ne cite aucune influence, réduit la drill à « la vulgarité et le banditisme » et définit le Hip-Hop comme « une façon de s’exprimer publiquement ». La filiation qu’il revendique avec Aboutou Roots l’ancre dans la musique ivoirienne, pas dans la culture Hip-Hop en tant que telle. Et l’appartenance de Dany Kwélé au groupe reste invérifiable publiquement.
COHÉRENCE ARTISTIQUE
Tout son univers se tient autour d’une même image, celle du pirate : THE PIWEST (« Pirate de l’Ouest »), BLACK NAVAR (« bateau noir »), « capitaine dans un navire », « bateau de pirate qui débarque sur une île ». Il a construit cette identité pendant trois ans, avant sa première sortie. C’est un choix réfléchi, pas une mode suivie.
EFFORT D’EXPRESSION
Il y a de vrais signes d’intention. Il emploie le nouchi comme un « code » pour ses messages d’alerte ou de motivation, écrit seul et construit des images. En revanche, il esquive les deux questions sur le fond de ses textes et reconnaît que ses formats courts visent à multiplier les streams. Aucune écoute n’a été faite à ce stade, donc la plume n’est pas démontrée.
CONTRIBUTION CULTURELLE
Justification : La précision sur le sample renforce la proposition. « YOUSSOUMBA DRILL 1 » reprend « La Blessure », le titre qui ouvre l’album Côte d’Ivoire la blessure d’Aboutou Roots, et l’existence de ce titre est vérifiée. L’artiste dit l’avoir utilisé avec l’accord de son père. Faire passer un morceau de ce patrimoine dans la drill est un geste de transmission rare et identifiable. En revanche, il n’a encore aucune influence mesurable sur la scène.
AUTHENTICITÉ
Ses réponses sont d’une honnêteté peu commune. Il reconnaît qu’il n’a pas d’expérience de scène, pas d’équipe solide et pas de réseau dans l’événementiel, et il ignore le rôle exact de son père dans le groupe plutôt que de l’embellir. Il s’autofinance et se distribue via DistroKid. Seule réserve : sa posture « banditisme », qui reste une déclaration invérifiable.


