Né le 28 août 1999 à Abidjan, Salim Maguiraga — connu sous le nom de WIDGUNZ — grandit entre les systèmes scolaires français et ivoirien avant de partir étudier la finance à Atlanta, berceau de la trap américaine. C’est là-bas, benjamin d’une fratrie de trois enfants marquée par la perte de son père, qu’il abandonne ses études après deux ans pour se consacrer entièrement à la musique. De retour à Abidjan en 2016, il pose ses premiers freestyles sur SoundCloud avec la mixtape « Salim & His Friends », rapidement remarqué par le collectif Treize et le groupe pionnier Kiff No Beat.
La consécration arrive en 2017 avec « Monnaie », featuring Didi B né d’un simple freestyle entre amis, qui le propulse sur le devant de la scène Rap Ivoire. Suivent des albums réguliers — « NON » (2018), « Correct » (2019), l’ambitieux « High Demand » (2021, 20 titres chez Sony Music), « Peugeot Music » (2024) — construits avec son producteur de prédilection Jeune Benjoul. Cofondateur du label indépendant L’Organisation aux côtés de Koffi Masta, il est distribué par Sony Music Entertainment Côte d’Ivoire depuis 2019.
Récompensé aux Abidjan Hip Hop Awards (artiste le plus streamé et meilleur artiste solo, 2019) puis sélectionné parmi les « Future of Music » de Rolling Stone Africa en 2025, WIDGUNZ incarne une trap ivoirienne assumée, mélange d’influences américaines et de réalités abidjanaises, portée par un discours consensuel qui revendique la passion avant la rivalité.
Discographie
INSCRIPTION CULTURELLE :
Ancrage réel et vérifiable — débuts en freestyle, première mixtape sur SoundCloud, filiation avec Kiff No Beat et le collectif Treize dès 2012. « Monnaie » (2017), son titre fondateur, est né d’un freestyle avant de devenir un hit avec Didi B. Seul bémol : un usage du nouchi jugé limité par rapport aux codes du mouvement.
COHÉRENCE ARTISTIQUE :
Identité trap stable et affirmée depuis 2016, nourrie par son passage à Atlanta. Discographie dense et régulière (8 projets en 9 ans) construite autour d’un producteur fétiche identifiable, Jeune Benjoul, ce qui traduit une direction artistique cohérente plutôt qu’un suivisme de tendances.
EFFORT D’EXPRESSION :
Une plume revendiquée et un processus d’écriture assumé, mais les thématiques restent majoritairement consensuelles (argent, egotrip, lifestyle). Rien dans le dossier ne documente une singularité narrative ou une prise de risque linguistique marquante — l’effort est réel mais standard pour le genre.
CONTRIBUTION CULTURELLE :
Reconnaissance institutionnelle tangible (Abidjan Hip Hop Awards 2019, sélection « Future of Music » de Rolling Stone Africa 2025) et rôle de tremplin pour une jeune garde via le projet collectif « Big Three » avec Lesky et LM. Contribution identifiable à la vague trap ivoirienne.
AUTHENTICITÉ :
Récit personnel crédible (abandon d’études de finance à Atlanta pour la musique) et posture cohérente de refus des clashs (« je m’entends avec tout le monde »). Positionnement sincère mais consensuel, sans rupture ni prise de risque discursive forte.


