Née à Port-Bouët, commune maritime d’Abidjan, Nolwen Kouadio grandit bercée par les rythmiques du coupé-décalé avant de rejoindre sa mère en France à l’âge de 16 ans — d’abord dans la Somme, puis dans l’Essonne. Confrontée au choc de l’exil et aux moqueries sur son accent, elle trouve dans la danse ivoirienne une première ligne de défense identitaire, puis dans la musique un outil de réinscription dans ses origines.
C’est depuis sa chambre d’adolescente qu’elle se fait un nom : ses dégammages — courtes vidéos humoristiques en nouchi mêlant freestyle et vie quotidienne ivoirienne — deviennent viraux sur Instagram et attirent l’attention du beatmaker Mr. Béhi, architecte sonore du rap ivoire (Kiff No Beat, DJ Arafat). Ensemble, ils développent une formule singulière : rapper sur des samples de classiques ivoiriens (Chantal Taïba, Meiway, Ernesto Djédjé) réinterprétés en trap-décalée. Naît ainsi Aya de Didiévi (2020), EP fondateur dont le titre rend hommage au village paternel.
Primée Meilleure révélation Hip-Hop aux PRIMUD 2021, Mosty élargit progressivement son réseau de collaborations — Lala &ce, Paulo Chakal, Fababy — et confirme son statut avec Ascension (2023), puis plusieurs singles qui accentuent sa transition vers un registre mélodique. Son usage revendiqué du nouchi mêlé au français, son refus des codes de la bad bitch et sa connaissance intime du répertoire pré-rap ivoirien font d’elle une figure atypique : une rappeuse de diaspora dont l’ivoirité sonne plus juste que celle de nombreux artistes restés au pays.


