Le DJ derrière Kobo Kobo n’a jamais quitté le hip-hop
Il y a une génération d’écart entre le DJ qui mixait en direct sur Maximum en 1996 et le Kobo Kobo qu’on connaît aujourd’hui, et pourtant c’est le même homme. DJ Jacob, de son vrai nom Jacob Kouadio, a débuté sa carrière dans les clubs de Treichville avant de devenir le premier DJ ivoirien à mixer en direct sur la télévision nationale, dans l’émission culte qui a porté le hip-hop américain jusque dans les foyers ivoiriens. Il deviendra ensuite l’un des DJ qui ont porté le coupé-décalé, aux côtés de Douk Saga et Molare, une trajectoire racontée aujourd’hui par DJ BDK, DJ résident de TRACE depuis dix ans, dans le premier épisode de notre nouvelle rubrique consacrée à la transmission dans le hip-hop ivoirien.
Des clubs de Treichville à la télévision nationale
Jacob Kouadio débute en 1991 au Titan Night-Club de Treichville, formé par DJ Ram’S. Entre 1993 et 1995, il enchaîne les résidences au Bentleys, au Masters, puis au Blue Note. En 1996, il devient le premier DJ de Côte d’Ivoire à mixer en direct à la télévision nationale, dans l’émission « Maaxximum » animée par Baba Cool, une émission largement construite autour des clips de hip-hop américain qui a marqué toute une génération d’Ivoiriens.
Le virage coupé-décalé
Son premier album à succès, « Carton Rouge », est produit par Arthur Malan, figure du showbiz ivoirien à la tête des établissements Roland Garros et Le Ritz. C’est dans ce sillage que DJ Jacob devient Kobo Kobo, popularisant le coupé-décalé aux côtés de Douk Saga, Molare et plusieurs autres figures du mouvement naissant, avant de connaître un succès plus large avec le titre « Attalakou Mega » en 2003.
Selon BDK, DJ Jacob aurait aussi été le DJ attitré de M.A.M, groupe fondateur du rap ivoirien formé à la fin des années 80 par les frères Sankara. C’est ce même DJ Jacob qui, des années plus tard, a fait aimer le métier à BDK, cité comme l’une de ses influences fondatrices aux côtés de Cut Killer et Goldfinger.
Ce qui est vérifié, ce qui reste à confirmer
Vérifié. DJ Jacob, de son vrai nom Jacob Kouadio, est bien l’identité derrière le surnom Kobo Kobo. Il a débuté en 1991 à Treichville, formé par DJ Ram’S, et est devenu en 1996 le premier DJ ivoirien à mixer en direct sur « Maximum », émission nationale largement construite autour du hip-hop américain et animée par Baba Cool. Il est identifié comme l’un des DJ ayant popularisé le coupé-décalé, avec pour titre phare « Attalakou Mega » (2003), et comme l’unique DJ ivoirien à avoir mixé en studio sur des morceaux d’artistes hip-hop, dont Almighty.
Déclaratif, non confirmé de façon indépendante. Le lien spécifique entre DJ Jacob et le groupe M.A.M en tant que DJ attitré repose uniquement sur le témoignage de BDK à ce stade. Aucune source récoltée ne mentionne cette collaboration.
Pourquoi cette histoire compte
Le DJing est né avec le hip-hop, comme l’un de ses piliers fondateurs au même titre que le MCing, le breaking et le graffiti. Le passage de DJ Jacob par Maximum, avant même son virage coupé-décalé, illustre une trajectoire qu’on retrouve chez plusieurs figures de la scène ivoirienne : partir du hip-hop, puis migrer vers des genres plus commercialement porteurs, sans que le lien d’origine disparaisse totalement.
BDK, qui revendique aujourd’hui mixer du hip-hop en privé tout en étant surtout connu pour ses sets afro et coupé-décalé, s’inscrit dans cette même tension. Raconter le parcours de DJ Jacob, c’est aussi une façon pour lui de raconter le sien.
La suite
Le lien avec M.A.M mérite d’être confirmé à la source. Si DJ Jacob accepte un jour de revenir sur cette période aux côtés d’IVOIRAP, ce premier épisode en appellera naturellement un second.



